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Le savoir-faire traditionnel de la Maison Michel Forgeron, transmis de génération en génération

Par Francine Forgeron — Maison Michel Forgeron

Publié le Mis à jour le

Michel Forgeron, les débuts d’un savoir-faire familial

En 1960, après son service militaire en Algérie, Michel Forgeron reprend l’exploitation familiale, dans la famille depuis 1909 : deux hectares de vignes, trois hectares de terres et, pour travailler, un cheval et le matériel qui va avec.

En 1965, il installe dans sa maison une femme et un alambic. Faute de moyens, ce sera un vieil alambic de 11 hectolitres, qui fonctionnera jusqu’en 2019.

Alambic charentais rouge de 11 hectolitres utilisé par Michel Forgeron de 1965 à 2019 pour la distillation du Cognac à Segonzac.
L’alambic de 11 hectolitres de Michel Forgeron, installé en 1965 et utilisé jusqu’en 2019. Un témoin du savoir-faire de notre famille, transmis de génération en génération.
Maison Michel Forgeron

La distillation du Cognac est un savoir-faire traditionnel qui ne s’invente pas.

Novice en distillation, Michel prend conseil auprès de son beau-frère et d’un vieil oncle, fin distillateur.

Michel est minutieux, exigeant envers lui-même, mais aussi envers les autres. Perfectionniste, il ne ménage pas sa peine pour obtenir le résultat souhaité. Peu à peu, il définit sa méthode personnelle. Il teste les conseils de chacun, fait ses propres expériences.

L’art de la distillation charentaise

Il règle l’allure du feu, au charbon d’abord, puis au fioul pour plus de régularité. La vitesse de coulage, le passage des têtes, la coupe du cœur, le recyclage des secondes, la séparation des queues : toute une série de paramètres délicats qui, bien orchestrés, font la différence entre une eau-de-vie banale et une eau-de-vie d’exception, et qui magnifient ce savoir-faire traditionnel.

Pierre, puis Christophe, les fils de Michel, ont perpétué la méthode.

Vous pouvez découvrir nos alambics lors d’une visite de la Maison ; leur fonctionnement dépend de la période.

Alambic charentais en cuivre de la distillerie Michel Forgeron à Segonzac, avec son foyer en briques et ses tuyauteries de distillation.
L’alambic charentais en cuivre de la Maison Michel Forgeron, à Segonzac, au cœur de la Grande Champagne, où se perpétue le savoir-faire familial de la distillation du Cognac.
Maison Michel Forgeron

Une première distillation transforme le vin en brouillis, à environ 28 % d’alcool. Un deuxième passage en chaudière, la bonne chauffe, va de nouveau concentrer l’alcool et les arômes. C’est le moment important, celui qui demande une grande technicité.

Mais quel plaisir, après la coupe, de faire connaissance avec le bébé du jour ! De respirer ses arômes de sainfoin sec, de fleurs de vigne, de chatouiller nos papilles avec juste une seule goutte de cette eau transparente qui vous transmet son énergie, qui crépite comme un feu d’artifice pour s’évanouir en saveurs fruitées, presque sucrées.

Le savoir-faire du distillateur, à ce moment-là, c’est aussi de s’interroger : est-ce que l’eau-de-vie d’aujourd’hui est moins bonne que celle d’hier ? Est-elle meilleure ? Sur quel paramètre puis-je jouer pour faire encore mieux ?

Le temps du vieillissement en fûts de chêne

Et cette eau-de-vie tout juste née va être couchée dans une barrique de chêne, bien ventrue, pour qu’elle y dorme bien à l’aise.

Souvent, l’homme viendra lui rendre visite.

Et là, c’est un autre savoir-faire qui entre en jeu, celui du maître de chai.

À l’aide de sa toupette, qu’il plonge dans la barrique, il remplit à moitié un verre tulipe de ce beau Cognac ambré.

Il étudie sa couleur. A-t-elle suffisamment puisé dans le bois ? Dois-je la mettre maintenant dans un vieux fût pour qu’elle poursuive lentement son évolution ?

Il la respire, identifie des arômes de vanille, de curry, de café. Il la déguste par petites gorgées, retrouve un peu de pruneau, un peu d’orange confite.

C’est à ce moment-là que l’homme va décider de son avenir.

La patience du maître de chai

C’est un Cognac qui a un beau potentiel, et il est intéressant de le laisser dans son fût encore dix ans, peut-être vingt, peut-être plus, jusqu’à ce que la part des anges ait contribué, au fil des années, à l’évolution de son degré d’alcool.

Et là, il pourra peut-être se déguster brut de fût.

Son agressivité envolée, il développera, au nez comme en bouche, des parfums subtils, allant des caractères boisés aux notes épicées. Et pourquoi pas une petite touche de violette ?

Mais c’est surtout ce velouté indéfinissable et son exceptionnelle longueur en bouche, rappelant celle des vieux Cognacs millésimés entreposés dans les docks de Londres.

Une persistance des parfums qui prolonge longtemps le plaisir de la dégustation.

Un savoir-faire transmis, une œuvre du temps

Ces vieux Cognacs, qui ont trente ans, quarante ans, ont pris tout leur temps pour vieillir et se transformer.

Prenez tout votre temps pour les apprécier, comme on apprécie une œuvre d’art.

Vous rendrez ainsi hommage au savoir-faire et à la patience de l’homme qui en est l’auteur.

Francine Forgeron
Maison Michel Forgeron — Segonzac, Grande Champagne

Découvrir les Cognacs de la Maison Michel Forgeron

Découvrir la Maison Cet article fait partie du parcours « Découvrir Cognac Michel Forgeron », thème : La distillation et les alambics

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